1. La Constitution n’est pas le terrain adéquat pour des décisions politiques relevant de la législation. Elle est la loi fondamentale qui requiert une relation de confiance entre gouvernés et gouvernants. Or la question de l’avortement est un sujet hautement controversé et clivant. Une partie significative des citoyen(n)es désapprouve sa constitutionnalisation. La France mise à part, aucun pays au monde ne s’est engagé sur une telle dérive.
2. La science a établi sans équivoque que la vie humaine existe pendant les neuf mois avant la naissance, avec la totalité de son patrimoine génétique unique (dont 50 % du père, grand absent du débat actuel) dès le début. Le cœur commence à battre au bout des trois premières semaines, les sens commencent à se développer dès la 8e semaine, etc. – Le nier relèverait de la cécité idéologique.
3. Objectivement, l’avortement revient à supprimer un être humain non encore né, mais qui aspire tout naturellement à croître. Lui ôter la chance de vivre ne saurait être toléré que dans des situations exceptionnelles. Un avortement n’est autre que l’échec collectif d’une société qui ne sait trouver une autre solution pour encourager une mère et son enfant à naître ; il n’est jamais une bonne nouvelle.
4. Le droit à la vie se retrouve dans les grandes déclarations et conventions des Droits de l’Homme ; nulle part il n’est écrit que la vie à protéger ne commence qu’à la naissance. La déclaration des Droits de l’Enfant exige cette protection explicitement pour le temps de la grossesse. Le Luxembourg est tenu à respecter ses engagements internationaux. Pour conférer toute son sens à l’article 12 (« la dignité humaine est inviolable ») il sera cohérent d’inscrire le droit à la vie dans sa Constitution, à l’instar de nombreux pays.
5. La présentation de l’avortement comme un droit et une liberté, deux valeurs toutes positives, le banalise et renforce insidieusement les pressions qui pèsent très souvent sur une femme enceinte dans le doute. Ce qui est présenté comme une liberté ou un droit peut se muter en contrainte implicite mais réelle si l’avortement est présenté comme « la solution » à tous les problèmes.
6. La liberté d’action et d’expression des personnes qui cherchent à trouver des solutions en faveur de la mère et de l’enfant à naître sera étouffée. Éjectés du socle constitutionnel, ceux et celles qui continuent à œuvrer pour la prévention des avortements risquent d’être passibles d’un « délit d’entrave ».
7. Les médecins (et le personnel médical) pourraient être obligés de renoncer à leur tour à leur liberté de conscience et au serment d’Hippocrate qui établit que leur mission est la prévention et la guérison, jamais la mise à mort, y compris in utero.
8. Tout délai pour avorter pourra être mis en question, car être interprété comme contraire à la « liberté garantie » d’avorter.